
Résultat, les laboratoires sont désertés par les étudiants en thèse qui en constituent les forces vives et de nombreux chercheurs confirmés partent s’installer à l’étranger, faisant profiter d’autres pays de l’expertise qu’ils ont acquise en France. Les raisons sont nombreuses : des études très longues (plus de dix ans) amenant à une intégration professionnelle tardive en comparaison d’autres filières, des débouchés incertains au sein des organismes publics de recherche qui recrutent au compte-gouttes et proposent des salaires peu attractifs. Ajoutez à cela des démarches administratives à n’en plus finir pour trouver les budgets de fonctionnement toujours plus élevés, et pourtant indispensables à une recherche de pointe… Autant d’obstacles à même de décourager les vocations les plus vives ! Évidemment, la politique de la recherche est de la responsabilité de l’État et, en ces lendemains d’élection, nous espérons avec force que le nouveau gouvernement mettra en oeuvre les restructurations nécessaires. Mais la Fondation pour la Recherche Médicale entend aussi jouer son rôle pour les années à venir. Aujourd’hui à nouveau, elle prépare des actions pionnières pour que la recherche médicale française puisse maintenir son rang dans la compétition internationale. Parmi celles-ci, le financement d’ingénieurs dédiés aux plates-formes technologiques afin d’optimiser leur utilisation et d’en faciliter l’accès à un grand nombre de chercheurs. Autre défi : encourager des physiciens, mathématiciens ou informaticiens à travailler sur des problématiques liées à la santé pour stimuler le croisement de compétences pluridisciplinaires. Car la recherche par discipline a vécu, il est indispensable de décloisonner pour aller plus loin. Seule votre générosité nous en donnera les moyens.
Pierre Joly,
président du Conseil de surveillance
de la Fondation pour la Recherche Médicale.