
Indispensable pour traiter la plupart des
cancers, la chimiothérapie présente des effets secondaires dont la sévérité nécessite parfois l’arrêt du traitement.
Rassemblés autour d’un projet appelé TEMPO (Génomique temporelle pour l’individualisation de la chronothérapeutique), 8 équipes européennes travaillent sur la chronothérapie, c’est-à-dire l’impact de l’horloge interne sur les effets secondaires de ces traitements.
Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à deux
molécules qui peuvent notamment avoir pour effets indésirables une diarrhée, une diminution des
globules blancs et un état de fatigue important. Il s’agit de l’irinotécan, indiqué pour le traitement du cancer colorectal, et du seliclib, une molécule anticancéreuse en développement. Les études menées chez la souris ont montré que la nocivité de ces
molécules varie du simple au triple suivant l’heure d’administration, et que leur toxicité dépend du sexe et du profil génétique des animaux. Les données recueillies chez des patients sous irinotécan confirment ces observations.
Les patients suivis pour des
cancers colorectaux dans l’unité de Chronothérapie dirigée par Francis Levi à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif bénéficient déjà des résultats du programme TEMPO. Ils sont dorénavant équipés d’une pompe programmable qui délivre au moment optimal les médicaments de la chimiothérapie. Cette méthode est utilisée aujourd’hui par une quinzaine de services de cancérologie en Europe.