Alzheimer : de bons rapports sociaux protègent de la maladie
01/12/2010
S’ils ne sont pas la cause directe de la maladie d’Alzheimer, divers facteurs environnementaux semblent susceptibles d’accroître la prédisposition à la maladie. Hélène Amieva et ses collaborateurs ont montré que la qualité des rapports sociaux influe significativement sur le risque de survenue de démence ou de maladie d’Alzheimer, 5 à 15 ans plus tard.
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L’étude qui le démontre est basée sur l’analyse du suivi d’une population de 2 089 personnes dans le cadre de la cohorte Paquid (personnes âgées Quid), une enquête épidémiologique sur le vieillissement cérébral normal et pathologique après 65 ans.
Au début de l’étude, ces personnes qui ne présentaient aucun trouble cognitif, ont rempli un questionnaire leur demandant de préciser leur statut marital, le nombre et la nature de leurs liens relationnels, leur degré de satisfaction à ce propos, leur perception d’être bien ou mal compris de leur entourage et leur sentiment de réciprocité ou non dans leurs relations avec les autres.
Le nombre de cas de survenue d’une démence ou d’une maladie d’Alzheimer parmi cet échantillon de personnes a été quantifié après un délai compris entre 5 et 15 ans. Il était de 461 cas de démence et de 373 cas d’Alzheimer.
L’analyse de la relation entre la survenue d’une démence et les éléments permettant d’apprécier la vie relationnelle des participants à l’étude démontre une relation significative avec le degré de satisfaction et de réciprocité des relations aux autres, 5 à 15 ans plus tôt.
Les participants qui se déclaraient satisfaits de leur vie relationnelle, avaient rétrospectivement un risque diminué de 23% de démence. Ceux qui pensaient apporter plus de support aux autres qu’ils n’en recevaient, ont eu un risque réduit de plus de 50%.
Les chercheurs concluent que le risque de survenue de maladie d’Alzheimer pourrait être modulé par la qualité de l’environnement relationnel.
Source : What aspects of social network are protective for dementia ? Not the quantity but the quality of social interactions is protective up to 15 years later.
Amieva H, Stoykova R, Matharan F, Helmer C, Antonucci TC, Dartigues JF.
Psychosom Med. 2010 Nov;72(9):905-11.